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Arabophobie et discrimination : 2 monstres qui hantent les esprits des musulmans et des arabes partout dans le monde

Arabophobie et discrimination : 2 monstres qui hantent les esprits des musulmans et des arabes partout dans le monde

Arabophobie et discrimination : 2 monstres qui hantent les esprits des musulmans et des arabes partout dans le monde

Avec la montée de l’arabophobie des dernières décennies, les arabes sont très mal traités par le monde occidental. Ils nous pointent du doigt quand n’importe quel désastre a lieu dans n’importe quelle région du monde. La situation est encore pire quand ces arabes sont sur leurs territoires.

Une conduite humiliante vis-à-vis des voyageurs tunisiens à destination de la Serbie, pour la simple raison qu’ils sont tunisiens !

Les mesures répressives pratiquées en Serbie contre les tunisiens font depuis quelque temps la une de nombreux journaux internationaux.

Pour fuir un pays ravagé par la crise, certains tunisiens sont prêts à tout. Ils sont des centaines chaque année à périr dans la traversée vers l’Europe, victimes des embarcations de la mort. Aujourd’hui, les migrants sont de plus en plus nombreux à opter pour un passage par la Serbie pour gagner l’Europe de l’Ouest.

Néanmoins, ceci ne justifie en aucun cas le mépris avec lequel les autorités portuaires ont traité, depuis quelques semaines, des voyageurs tunisiens malgré leur situation légale.

En effet, plus de vingt tunisiens arrivants de Turquie vers la Serbie sont détenus par les autorités à l’aéroport de Belgrade, comme indiqué par le député Majdi Karbai, dans des conditions de détention inhumaines, des passagers retenus illégalement, qui ont poussé ces derniers à entamer une grève sauvage de faim pour réclamer leur dignité et la dignité de tout tunisien victime de ces pratiques.

Personne ne blâme la Serbie si elle veut protéger ses frontières des terroristes qui veulent traverser son territoire pour envahir l’Europe, mais tout le monde la condamne pour la façon humiliante avec laquelle elle traite des voyageurs tunisiens qui voyagent d’une façon tout à fait légale.

Immigration, xénophobie et racisme

Dans les sociétés coloniales, le racisme est très présent : il s’exprime à travers des relations mêlant à la fois méfiance et hostilité à l’égard de populations souvent appréhendées sous les expressions « masses musulmanes » ou « nord-africains».

Les discriminations concernent tous les aspects de la vie quotidienne, dans les transports publics, dans les comportements quotidiens, dans les regards humiliants, dans l’inégalité des salaires entre français et non français, dans les dires de leurs politiciens. Un député français disait en pleine séance à l’assemblée contre les africains : « Qu’ils retournent en Afrique ! ». 

En 2021, les services de police et de gendarmerie ont enregistré 12 500 infractions à caractère raciste, xénophobe ou antireligieux. C’est ce qui ressort des chiffres publiés le 11 mars 2022 par les services statistiques du Ministère de l’Intérieur.

En effet, les injures, provocations ou diffamations publiques représentent 65% des crimes et délits enregistrés en raison de l’ethnie, de la nation, d’une prétendue race ou de la religion. Les menaces et les chantages (principalement des menaces de mort) viennent en deuxième position avec 23% de ces actes à caractère raciste enregistrés par les forces de l’ordre.

La discrimination se voit, également, claire et nette, quand un arabe qui réside dans un pays occidental réalise un exploit solennel et personne n’en parle ni met en exergue son succès. On interdit les médias d’en parler et on fait la sourde oreille aux bienfaits que ce succès aurait sur la société. En contre partie, quand n’importe quel attentat terroriste a lieu, on n’hésite pas d’accuser un arabe ou un musulman avant même d’obtenir les résultats des investigations. Et si par hasard il s’agit d’un arabe, on fait payer cher sa famille et tous les citoyens ayant sa nationalité, ou bien en les expulsant chez eux ou bien en les traitant de toutes les formes de violence.

Une conduite similaire à celle adoptée contre le Qatar, premier pays arabe et musulman qui organise la Coupe du monde. C’est en décembre 2010 que le Qatar a obtenu son billet pour la Coupe du monde et a été désigné hôte de la plus belle des compétitions internationales. 12 ans plus tard, les polémiques n’ont jamais cessé. Entre la morte de nombreux ouvriers, les soupçons de corruption, les problèmes liés à l’écologie et les valeurs véhiculées par le pays, cette attribution a fait parler les médias.

Malgré l’organisation époustouflante, l’infrastructure moderne, l’accueil chaleureux et les conditions impeccables dans lesquelles se passent cette coupe, l’Occident n’épargne aucun effort pour attaquer le Qatar et pour rappeler les failles de cette coupe, qui lorsqu’elles se sont produites au Brésil ou en Russie sont passées inaperçues.

Cette haine vis à vis des arabes n’est pas gratuite. En effet, la défaite militaire de Daech ou de toute autre organisation terroriste, si elle est déterminante, ne constitue cependant pas une fin en soi. En effet, les ravages sanglantes et les attaques de ces derniers feront à jamais une source de peur atroce dont on doit se méfier. Ces organisations défendent faussement l’Islam, mais que l’on veut ou pas, leurs noms s’associent faussement à cette religion.

Ceci dit, on comprend que les actions racistes commises par les européens vis à vis des musulmans sont sous prétexte de peur que ces derniers feront des futurs alliés à des organisations pareils ou de potentiels agents secrets travaillant pour propager leurs idéologies.

Cette peur est justifiée mais elle ne justifie en aucun cas les conduites racistes et violentes car il est juste aberrant de faire face à la violence par la violence et de rattacher le mot terroriste à tout musulman ou de le traiter comme s’il était un.

Le glissement vers le religieux

Ces dernières années, l’émergence de revendications religieuses et communautaires entraîne le déplacement de l’hostilité à l’égard des arabes vers la religion musulmane. Le maghrébin, l’immigré, l’arabe ou encore le Kabyle tendent à devenir invariablement dans le langage courant des musulmans, qu’ils soient croyants ou pas. 

Un tel glissement sémantique est favorisé par ceux qui cherchent à dissimuler leurs discours anti-immigration derrière une hostilité de nature religieuse, et qui invoquent la laïcité pour justifier une volonté d’exclusion. Le concept d’« islamophobie » et « racisme anti-musulmans » s’invitent dans les débats publics. Ils tendent à restreindre le champ d’interprétation des actes d’agression commises à l’encontre des individus sur la base de leurs croyances et de leurs pratiques. 

Les descendants de cette génération qui souffre du martyre du racisme, se pose la difficulté de vaincre les préjugés et les résistances d’une société qui, en dépit de multiples engagements sur ce terrain, peine à mettre en œuvre l’égalité des chances.

Néanmoins, on ne peut pas nier que les luttes sociales, l’action antiraciste associative et institutionnelle (éducation, justice…) contribuent à faire évoluer les mentalités, à minimiser ce fléau et à redessiner une image respectueuse des arabes et des musulmans. 

Racisme et xénophobie ne disparaissent pas pour autant, comme en témoignent la progression électorale de l’extrême droite et la persistance des discriminations mais la lutte se poursuit encore, jusqu’à ce que viendra le jour où on vit dans un monde où on traite tout le monde avec respect et dignité, sans regarder sa race ou sa nationalité.

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Rima Hammami
Rima Hammami

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