Et si on voyait la réforme éducative différemment ? Mehdi Cherif vous propose sa vision !

Et si on voyait la réforme éducative différemment ? Mehdi Cherif vous propose sa vision !

Et si on voyait la réforme éducative différemment ? Mehdi Cherif vous propose sa vision !

Ces dernières années, les voix se multiplient pour entamer une réforme du système éducatif en Tunisie : Mesure au cœur du moteur économique pour certains. Mais, Mehdi Cherif, jeune étudiant, nous présente une vision différente de la problématique de l’éducation.

Qui est Mehdi Cherif ?

Mehdi Cherif, âgé de 23 ans et préparant un master en sociologie à la Faculté des sciences humaines et sociales de Tunis, fait partie de cette jeunesse tunisienne portant en elle le désir du changement. Mehdi montre un grand intérêt à la réforme du système éducatif : une attention particulière qui l’a poussé à écrire son premier livre à l’âge de 18 ans intitulé « Réflexion d’un élève insoumis » où il présente un point de vue innocent d’un élève tunisien. Par ailleurs, il est fondateur de « Fahmologia » : Média associatif visant à promouvoir la production de contenu médiatique intellectuel Tunisien.

D’où vient cet intérêt pour la problématique de l’éducation ?

Mehdi a passé 10 ans à l’étranger. À son arrivée en Tunisie, il a poursuivi sa scolarité dans le système français. Insatisfait de ce qu’offre ce système d’éducation, Mehdi entame sa réflexion sur le système éducatif tunisien. Cette réflexion était appuyée par des bouquins comme « Flip the system » de Jelmer Evers et René Kneyber.

Où réside réellement le problème selon Mehdi ?

Après son année de baccalauréat, Mehdi a décidé de faire une année blanche malgré la pression de son entourage. Il s’est consacré à plonger davantage dans la problématique du changement du système éducatif. Contrairement à ce que l’on pense souvent, Mehdi estime que la racine du problème vient du manque dramatique des emplois et par conséquent l’augmentation du taux de chômage dans notre pays. 

Quel rapport entre le manque d’emplois et la qualité de l’éducation ?

Selon Mehdi, le manque d’emplois engendre l’élévation des exigences des employeurs. Ces derniers favorisent généralement les jeunes diplômés des écoles les plus prestigieuses et ayant les meilleures moyennes de leurs promotions. Ce système a des répercussions graves sur l’éducation et Mehdi vous explique l’enchainement. En effet, cette sélection ayant un faible pour « Le premier de la classe » ne fait qu’accentuer la concurrence à l’intérieur des salles de classes. En partant du principe que tout le monde bénéficie de la même qualité d’éducation dans les établissements publics, pour contrer la concurrence et se montrer dignes des emplois, les élèves se dirigent vers les cours particuliers et vers les établissements privés. Par conséquent, l’éducation publique se dégrade d’une année à une autre à cause de « l’immigration » des enseignants les mieux formés aux écoles privés ainsi que le déséquilibre entre les élèves entre ceux qui sont capables de s’offrir des cours particuliers et ceux qui sont contraints de suivre des cours présentés par des professeurs moins formés et moins motivés. 

Par quoi pourrait-on commencer pour changer ?

En plus des solutions « classiques » pour réformer l’éducation, à savoir l’ajustement du rythme des cours et des vacances, l’amélioration de l’infrastructure éducative misérable ainsi que le changement des programmes scolaires et la formation des professeurs, Mehdi va plus loin en proposant d’autres alternatives. Selon lui, le changement tourne autour de la création de plus d’emplois. L’état doit concentrer tous ses efforts pour diminuer le chômage et offrir une place à tout le monde. Il est inadmissible aujourd’hui qu’un jeune diplômé d’une université tunisienne soit exposé au chômage. La création des emplois va rompre cette politique du « meilleur de la promotion » et va tuer la concurrence progressivement. La répercussion est immédiate sur la mentalité des parents qui ne se montrent satisfaits que lorsque leur fils ou leur fille ait la meilleure note. Enfin, il faut réexaminer la rémunération des professeurs pour encourager l’enseignement public.

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Aziz Hachana
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