Gabès : un point de non-retour ? Absolument pas !

Gabès : un point de non-retour ? Absolument pas !

Gabès : un point de non-retour ? Absolument pas !

Gabès est une ville localisée au Sud-est de la Tunisie sur la côte Méditerranéenne. La particularité de cette ville tunisienne ? Gabès possède l’unique oasis littorale de la méditerranée et a donc “une valeur exceptionnelle, voire universelle” d’après l’UNESCO.

Gabès : une ville “sacrifiée” ?

En 1971, l’installation du GCT (le Groupe Chimique Tunisien) a eu lieu avec, au départ, une approbation de la population gabésienne qui croyait en une dynamique économique. Différentes unités ont par la suite vu le jour comme l’unité phosphorique en 1971 ou encore l’unité d’ammoniac en 1983. En 2000, une installation d’une industrie de gaz a eu lieu où sont stockées d’une manière permanente environ 6000 tonnes de gaz de “nitrate d’ammonium » à côté de la citerne d’ammoniac.

Ces industries, conçues avec des technologies datant des années 50 et toutes installées dans une zone de 4km, représentent, sans aucun doute, un véritable danger.

Forte contribution à la croissance économique tunisienne ? Oui, mais à quel prix ?

La Tunisie était auparavant un leader de production de Phosphates en étant classée à la 5ème place mondiale de production de Phosphate qui contribuerait à 4 % du PIB du pays.

Mais, la crise sanitaire et les mouvements sociaux dans la région ont causé d’une manière directe la baisse de production de phosphates, entraînant davantage la Tunisie dans une régression économique.

Ces mouvements sociaux peuvent paraître injustifiables pour certains. Cependant, pour les habitants de Gabès, leur mobilisation est perçue comme une nécessité.

En effet, ces usines détériorent d’une manière directe la vie des habitants.

  1. Pollution Maritime : la mer de Gabès qui était autrefois considérée comme une véritable pépinière grâce à l’existence de 320 variétés de poissons environ, se retrouve aujourd’hui avec uniquement une vingtaine de variétés de poissons, et cela, à cause des usines qui déversent à peu près 100 000 tonnes de métaux lourds (dont 50 000 tonnes d’Uranium) dans la mer sans traitements.
  2. Pollution de l’air : les conséquences de la nonchalance de ces industries ne se limitent pas seulement à une pollution maritime, mais aussi a une pollution invraisemblable de l’air. En effet, les nouvelles normes imposées par l’OMS ne semblent pas être respectées avec l’évaporation permanente de gaz extrêmement toxiques comme le HF (Fluor), le NOX (NO2 ou NO3), le SO2 ou encore l’Ammoniac : NH3 et le Dioxyde de Soufre.
  3. Des Habitants gravement malades. S’agit-il purement d’une “aussi forte coïncidence » ? Les gabéssiens souffrent énormément de pathologies respiratoires : une grande partie de la population souffre d’asthme dès un jeune âge et de cancers du poumon.
  4. Dernière actualité à la ville de Gabès : Un navire transportant 750 tonnes de gazole qui se dirigeait vers l’île de Malte en provenance du port de Damiette en Egypte, avait demandé aux autorités tunisiennes d’entrer dans les eaux territoriales tunisiennes pour faire face aux mauvaises conditions météorologiques. Mais, ce navire n’a pas pu atteindre sa destination finale et vient de faire naufrage le 16 avril 2022 dans le golfe de Gabès.

Prise de Conscience Écologique : des Tunisiens soudés pour un meilleur avenir

À la suite de la révolution, les habitants de Gabès avaient fait un choix catégorique : la production de phosphates dans d’aussi mauvaises conditions ne pouvait plus continuer. Dès le 17 janvier 2014, à savoir 3 jours après la fuite de l’ancien dictateur Ben Ali, les citoyens se sont mobilisés et ont bloqué la zone industrielle.

Dès lors, de nombreux blocages de la région et manifestations ont lieu. On retrouve notamment le mouvement “Stop Pollution” qui milite d’une façon permanente pour cette cause, que ce soit à l’échelle nationale ou encore internationale (par exemple, sa participation à la dernière COP 26 ayant récemment eu lieu à Glasgow).

Un point de non-retour ? Absolument Pas !

En ce qui concerne le navire XELO qui vient de faire naufrage dans le golfe de Gabès, les autorités nationales essaient de limiter les répercussions de cette catastrophe qui touche toute la méditerranée en prenant des décisions comme : l’installation de barrières pour limiter la fuite des hydrocarbures et l’intervention de plongeurs pour examiner l’ampleur de la fuite afin de pomper par la suite les hydrocarbures infiltrés.

L’opération de plongée a débuté ce dimanche 17 avril avec une première équipe de plongeurs qui a ensuite été rejointe par une équipe supplémentaire.

تونس برجالها و نساها :

Ces équipes ont pu rallier le bateau à des extracteurs qui permettront de retirer le carburant présent dans ses cuves.

Une enquête vient également d’être ouverte pour connaître les véritables causes du naufrage du tanker XELO.

Il s’agirait peut-être bien d’un accident qui éveillera davantage la conscience écologique et qui alarmera l’opinion publique et les organisations internationales de protection de l’environnement de la situation inquiétante de Gabès.

Qu’en est-il du quotidien des citoyens de Gabès vis-à-vis de la pollution constante des usines ?

Même si un code de droit d’environnement n’existe pas en Tunisie, plusieurs lois relatives à la protection de l’environnement sont présentes au niveau de la législation tunisienne. Il existe par exemple, un principe relatif à ce droit de l’environnement : le principe du “Pollueur Payeur” qui consiste en la prise en charge des responsables des activités polluantes des coûts engendrés par la pollution.

Et si on commençait par appliquer nos lois comme un début ? Cela limiterait sans aucun doute les dégâts.

Des solutions plus radicales ont été proposées et pourront garantir sur le long terme un avenir prometteur à cette exceptionnelle ville du Sud-est de la Tunisie : la délocalisation des usines. En effet, la solution qui consiste à démanteler les unités et créer une autre zone industrielle avec des technologies récentes permettant ainsi de respecter les normes internationales, pourrait bien être envisageable dans une région de l’ouest de Gabès.

Certaines villes tunisiennes comme la ville de Gabès sont souvent victimes de grandes injustices. Néanmoins, cette injustice ne doit en aucun cas persister.

“El Tounsi Lel Tounsi Rahma”, n’est-ce pas ?

Jeunes tunisiens, Activistes, Politiciens, manifestons-nous pour une prise de conscience générale qui permettrait de garantir un meilleur avenir à notre Tunisie. Soyons le changement qu’on veut vraiment voir.

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Kenza Feki
Kenza Feki

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