Journée Mondiale de l’Afrique : les tunisiens sont-ils, pour autant, concernés ?

Journée Mondiale de l’Afrique : les tunisiens sont-ils, pour autant, concernés ?

Journée Mondiale de l’Afrique : les tunisiens sont-ils, pour autant, concernés ?

Il est largement constaté que les tunisiens, dans leur majorité, ne se sentent pas africains.

Manifestement, ils éprouvent un mal à reconnaître leur africanité et se suffisent, le plus souvent, à revendiquer leur appartenance maghrébine. Pourtant, cette dernière ne traduit qu’une vision partielle de la réalité et de l’histoire ! 

Si bien que des liens historiques, politiques, mais surtout géographiques fondent aisément notre africanité.

Nous profitons donc, de cette journée mondiale pour interroger cette méconnaissance accrue de notre part africaine.

L’Afrique, ne saurait-elle pas cet horizon où se façonne notre identité la plus complète ?

Africains, nous le sommes de fait !

Située au nord de l’Afrique, la Tunisie est, de fait, un pays africain. Ce lien géographique est censé ne pas échapper à notre mémoire collective. Bien au-delà, ce lien doit alimenter encore mieux notre appartenance spirituelle à une Afrique digne d’amour et de fraternité.

« Tu sais, je connais une africaine dans notre quartier qui fait des tresses à couper le souffle ! »

« Au moins ils sont courageux ces africains, ils acceptent de travailler n’importe quel boulot ! »

Toutefois, ces phrases qui marquent nos conversations habituelles témoignent de cette distance que nous cherchons à provoquer entre nous et « ces africains ».

Inconsciemment, mais parfois même intentionnellement, nous usons du mot « africain » pour désigner cette personne perçue comme étrangère de nous. Nous imaginons à tort que cette dénomination parvient à nous dissocier de ” ces africains » alors qu’en réalité elle ne fait que révéler notre identité commune !

Cette barrière de façade que tisse la majorité des tunisiens est alors à fustiger, d’autant plus qu’elle est difficilement justifiable d’un point de vue géographique. Partant, elle ne fait que fausser notre perception de nous même, car que nous soyons tunisiens, sénégalais, ou encore congolais, nous appartenons tous à un continent unique : l’Afrique !

En outre, la méconnaissance est aussi historique.

Ifriqiya : dénomination antique du territoire de la Tunisie actuelle !

Les passionné(e)s de l’histoire ne sauraient ignorer cette vérité historique. Cette appellation antique attribuée à la Tunisie rend compte encore une fois de notre africanité indubitable.

« Ifriqiya : dénomination en arabe de la partie orientale du Maghreb médiéval, englobant pour l’essentiel la Tunisie » Larousse.

Mais, le lien de la Tunisie avec son continent africain transcende largement cette appellation historique et s’inscrit dans des trajectoires de lutte et de fraternité qui sont ancrées dans l’histoire du continent. En effet, notre pays s’est placé au cœur des combats menés par les peuples africains contre le colonialisme. Notre soutien envers ces mouvements d’émancipation était à la fois politique et populaire.

De même, la Tunisie figure parmi les pays fondateurs de l’organisation de l’unité africaine (OUA). Cette organisation panafricaine a été, justement, fondée le 25 Mai 1963 à Addis-Abeba. Chaque année, cette journée est jalonnée de festivités sur l’ensemble du continent africain en ce qu’elle représente la Journée Mondiale de l’Afrique. Notons que cette organisation a été, par la suite, supplantée par l’union africaine en 2002. 

Par ailleurs, il est important de jeter la lumière sur le militantisme bourguibien marquant qui a abouti à consolider la place de la Tunisie dans son continent, mais aussi à consolider le continent lui-même. En effet, Habib Bourguiba et ses compagnons de lutte, tel que Mongi Slim, ont œuvré, avec une détermination historique, pour une Afrique démocratique et pacifique, mais avant toute chose une Afrique indépendante. 

La politique : une sphère qui nous unit :

 « … et en vue de consolider l’unité du Maghreb, en tant qu’étape vers la réalisation de l’unité arabe, la complémentarité avec les peuples musulmans et africains et la coopération avec les peuples du monde…, arrêtons, au nom du peuple et par la grâce de Dieu, la présente Constitution.»

Figurant dans le préambule de la constitution tunisienne de 2014, ces propos reposent, idéalement, sur une valeur constitutionnelle.

Que la Tunisie proclame sa volonté de coopération avec le peuple africain au sein de sa constitution, ceci est largement appréciable. En effet, cela nous place, entre autres, au cœur du panafricanisme : un mouvement et une idéologie politique qui prône la solidarité active entre les Africains et les personnes d’ascendance africaine.

En outre, il est important de rappeler que la Tunisie est membre de l’union africaine depuis 1963. Cette union plaide pour une Afrique prospère, pacifique et qui représente une force dynamique sur la scène mondiale. Historiquement, les contributions de la Tunisie, par rapport à cet objectif, ont été et demeurent encore significatives.

En février 2022, la Tunisie a été élue membre au Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine pour un mandat de 2 ans. Ce conseil constitue un système de sécurité collective visant à développer une réaction rapide et efficace aux situations de conflit et de crise en Afrique. Cette relance tunisienne s’appuie sur des dynamiques africaines qui œuvrent collectivement au développement du continent africain.

Enfin, en 2015, Tunisia Africa Business Council-TABC, un conseil d’affaires tuniso-africain a été créé dans le but de revitaliser la coopération économique entre la Tunisie et le continent africain, si bien que cette coopération s’est profondément amenuisée sous le régime de Ben Ali. Bassem Loukil, l’un des fondateurs de ce conseil d’affaire a affirmé que cette organisation non gouvernementale œuvre à l’instauration d’un terrain favorable à une mutualisation des ressources, une capitalisation des connaissances et une meilleure coopération Sud-Sud. 

Conclusion 

Si nous avons pris soin de restituer ses vérités à la fois géographiques, historiques et politiques dans le cadre de cet article, c’est parce que nous plaidons pour des liens renouvelés avec nos frères africains installés sur notre territoire, mais également parce que nous sommes animés par le rêve d’une unité continentale qui met fin à toute sorte de clivage. 

Si vous avez envie d’aider Yaluna à comprendre les besoins de son audience, veuillez s’il vous plaît consacrer 3 minutes de votre temps à répondre à ce formulaire. Merci 💚 

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Ahmed Zribi
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