Le Kairouan : la ville tunisienne sainte

Le Kairouan : la ville tunisienne sainte

Le Kairouan : la ville tunisienne sainte

Avez-vous entendu parler de la « capitale spirituelle de la Tunisie » ?

C’est le Kairouan, cette ville qui représente pour l’Islam la quatrième cité sainte. Fondée en 670, elle abrite des monuments gracieux. Toujours accueillante, splendide, et pleine de secrets, vous ne regretterez jamais une visite au Kairouan.

Tunis c’est la capitale politique, Kairouan c’est la capitale historique 

Autrefois surnommée la capital des trois cents mosquées, le Kairouan est le berceau de l’Islam dans l’Afrique du Nord. Fondée par le prodigieux général Okba Ibn Nefaa en 670, elle a témoigné la diffusion et la prospérité de la civilisation musulmane aussi qu’elle a été un foyer pour une mosaïque de civilisations. Cependant, et depuis l’aube de son histoire, elle a été cible de convoitises qui ont résulté à sa conquête par les berbères en 689. Aussi, elle a représenté, ultérieurement, une arène pour beaucoup de conflits qu’ils soient internes ou externes notamment à l’époque fatimide et un enjeu stratégique au coeur de l’affrontement hispano-turc à l’époque de Kheireddine le beylerbey d’Afrique.

Son apogée était lors de l’arrivée de la dynastie des aghlabides, le Kairouan a connu une prospérité économique inouïe puisque l’émir a su tirer profit de son emplacement stratégique : au carrefour des routes commerciales et étant un sanctuaire pour les échanges entre les différents pays du monde arabe. Pendant toutes ces années, l’autorité aghlabide durant laquelle Ibrahim Ibn Al-Aghlab a assuré la construction de maintes de monuments historiques présents jusqu’à aujourd’hui et distingués par une architecture islamique tant unique qu’impressionnante. 

La ville occupe une place prépondérante dans l’histoire de la Tunisie et surtout dans les cœurs des tunisiens puisqu’elle représente aussi un foyer de résistance aux français durant la période de colonisation.

Si le monde a 7 merveilles, le Kairouan en a 8 

Le Kairouan constitue un témoignage unique sur les civilisations qu’elle a abritées. Elle est dotée d’un patrimoine architectural riche et recèle une magie qui ne cesse d’éblouir tout visiteur.

Nommé d’après le nom de son fondateur prodige, la Grande Mosquée d’Okba constitue un chef d’œuvre architectural aussi qu’un symbole remarquable de la civilisation islamique. De sa porte en cèdre de Liban jusqu’à son intérieur, il retient tout observant par son élégance et le raffinement de ses détails surtout de son Mihrab et de ses colonnes de façon que maintes de mosquées se sont inspirées de son architecture.

Outre, on ne peut pas parler du Kairouan sans citer la Médina. Dominée par les rues étroites et les coupoles de ses mosquées et de ses zaouïas, elle démontre un caractère traditionnel devenu de plus en plus rare, de nos jours, en raison des changements socio-économiques. Dans ces raccourcis majestueux se trouve la Mosquée des trois portes, un site qui remonte au 9ème siècle, il est l’un des monuments les plus anciens au Kairouan mais qui maintient toujours son charme. 

Retraçons la même période d’histoire, à l’extérieur de la Médina se trouve un autre monument somptueux : le fameux bassin des Aghlabides. Concrètement, il date de l’ère aghlabide, une installation hydraulique qui sert à alimenter et approvisionner toute la ville en eau. Monument incontournable, monument fascinant, monument stupéfiant marquant une période d’essor considérable.

On vous invite vivement à visiter ces merveilles ainsi que les cinq restantes telles que le Zaouïa de Sidi Sahbi, la mausolée de Sidi Sahnoun, la Mausolée de Sidi Abid Ghariani, la Zaouia de Sidi Amor Abada et finalement les puits Bir Barouta.

Il est à rappeler que tout ce patrimoine précieux bénéficie d’un classement spécifique au titre de monuments historiques de la part de l’UNESCO.

Qui dit Kairouan dit…?

La gastronomie de cette ville est bien symbolique. On a oublié de vous dire qu’elle représente la neuvième merveille du Kairouan.

Qui dit Kairouan dit Kafteji, le fameux plat épicé à base de légumes, œufs et servi avec des oignons émincés. Ce plat fait l’identité du Kairouan, toujours piquant, unique et inévitable.

Qui dit kairouan crit Makroudh aussi, une des pâtisseries les plus connues en Tunisie. Un petit losange qui unit la pâte de dattes, figues ou amandes avec la semoule du blé dur, le tout frit dans une huile végétale et trempé dans un sirop mielleux.

Le tapis kairouanais est un symbole aussi. La ville est à son tour la capitale de la fabrication des tapis en Tunisie. La tradition artisanale a pris son essor à partir du 19ème siècle. Cette impulsion est due à une famille d’artisans, qui imagina la laine du mouton dite « Alloucha » raffiné d’un motif central hexagonal.

Le tapis kairouanais doit son essor à deux facteurs essentiels. D’une part, l’existence d’une tradition technique et d’une maîtrise de l’art de tissage dont témoignent de nombreux artisans locaux. D’autre part, à la légende attribuée à « Kamla“ la fille d’un gouverneur turque de Kairouan qui faisait l’introduction du tissage basé sur le nœud de Ghiode (la Ghorza) et sa conception d‘origine turque. En reconnaissance d’un vœu exaucé, Kamla fabrique un tapis à haute laine qu’elle suspend au mausolée de Sidi Sahbi. Depuis le serment de Kamla Chaouch, il est devenu rituel à Kairouan d’honorer le saint homme en lui dédiant le premier tapis que tisse chaque jeune fille tout comme la légendaire Kamla l’a fait.

La structure du tapis diffère des autres tapis et tissages de Tunisie : la finesse des points, la spécificité des motifs, la palette des couleurs, la variété des usages et la diversité des dimensions. Ce sont les secret du cachet spécifique des tapis du Kairouan !

Enfin, les festivités règnent dans cette ville et ajoutent encore plus de charme à son antiquité. Chaque Mouled, le Kairouan s’apprête à accueillir plus d’un million de visiteurs en une seule nuitée. Les gens se déplacent de tout le pays afin d’y assister. Le festival tant attendu présente la manifestation d’un mariage entre le religieux et le culturel.

Bonus : le saviez vous ?

Selon l’Institut National du Patrimoine, on note trois légendes faites sur la fondation du Kairouan :

> Celle de l’appel lancé par Okba aux « bêtes sauvages » pour quitter au plus vite le lieu choisi.

> Celle de la mystérieuse voix indiquant à Okba au cours d’un rêve nocturne, l’emplacement du « Mihrab » de la Grande Mosquée.

> Celle de la chienne découvrant les célèbres puits de Bir Barrouta au milieu d’une plaine aride devenue soudain un lieu viable et béni par Dieu

Rédigé par Ashref Dkhili et Mariem Dimassi.
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Ashref Dkhili
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Mariem Dimassi
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