Sport et politique, une relation épineuse !

Sport et politique, une relation épineuse !

Sport et politique, une relation épineuse !

La charte olympique indique dans son 50ème article qu’aucune sorte de démonstration ou de propagande politique, religieuse ou raciale, n’est autorisée dans un lieu, site ou autre emplacement olympique.

A son tour, le quinzième article des statuts de la FIFA dispose qu’il faut “rester neutre en matière de politique et de religion” et “garantir l’indépendance et éviter toute forme d’interférence politique”. 

Ces articles, sont-ils mis en pratique en réalité ou sont-ils juste des illusions ?

Le sport : un soft power pour les Etats

Innombrables sont les exemples, à la lisière entre la politique et le sport, où ce dernier a joué un rôle primordial dans le renouement de plusieurs relations diplomatiques. 

L’Inde, à titre d’illustration, représente un ennemi historique pour le Pakistan suite à leur conflit sur la région du Cachemire. Certes, ces tensions se volatilisent sur le terrain du Cricket, le sport numéro 1 sur le continent indien. Durant la dernière coupe du monde de Cricket, organisée par l’Emirates Arabes Unis, on a assisté à des scènes de « fair play » entre les joueurs des deux pays, ainsi qu’une discussion entre les deux présidents des ligues nationales.

Le Ping Pong, aussi, était un instrument de réconciliation entre la Chine communiste de Mao Zedong et les Etats-Unis de Richard Nixon. Une visite de la délégation américaine, alors la Chine n’entretenait pas de relations avec les Etats-Unis, et des simples échanges entre les pongistes ont été suffisantes pour que les relations diplomatiques se ravivent. Cet acte historique représente ainsi un point tournant dans les relations internationales qu’on y réfère encore par “la diplomatie du Ping Pong”.

Toutefois, nul ne peut nier que parfois ce rapprochement part en fumée lorsque les politiques et les intérêts personnels des dirigeants s’imposent.

Le sport est touché de plein fouet à cause de la politique

A multiples reprises, la FIFA a rappelé que les fédérations membres doivent administrer leurs affaires de manière indépendante sans l’ingérence de tout organisme politique.

Néanmoins, on note des interférences politiques récurrentes dans le domaine du sport et cela date depuis longtemps, notamment depuis période des deux guerres mondiales. Dans l’une des éditions les plus controversées de l’Histoire, Mussolini s’en est servi de la coupe du monde 1934 pour promouvoir son régime fasciste. Les matchs desquels l’Italie faisait partie ont témoigné des menaces à l’encontre des adversaires et des arbitres.

Outre, à l’échelle nationale, l’accueil du chef de Polisario par le président tunisien, à l’occasion du TICAD, a engendré des tensions voire une crise diplomatique entre la Tunisie et le Maroc (suite à la question du Sahara Occidentale). Par conséquent, des fédérations sportives marocaines ont annoncé leur boycott pour toute future compétition organisée par la Tunisie.

De plus, notre sélection nationale de football a été, récemment, menacée de ne pas jouer à la coupe de monde Qatar 2022 suite à une ingérence politique de la part du ministère de la jeunesse et des sports dans les affaires de la Fédération Tunisienne de Football, tel que montre le communiqué de la FIFA.

Qatar 2022, sous le feu des critiques

Cette coupe du monde que notre équipe nationale fut menacée de ne pas y assister fait couler déjà beaucoup d’encre notamment au niveau des questions des libertés, des ouvriers migrants, de l’impact néfaste sur le climat, mais aussi au niveau de soupçons de corruption.

L’organisation du projet subit de nombreuses condamnations de corruption à propos des méthodes de lobbying et d’achat de votes. 

Ainsi, ce mondial « spécial » témoigne l’absence de la sélection nationale russe, exclue, suite à son annexion de l’Ukraine. Cette dernière, éliminée par le Pays de Galles aux qualifications, essaie d’exploiter la politique de favoritisme de la FIFA en lançant des appels pour remplacer l’Iran. L’Etat perse est accusé d’avoir fourni des drônes de guerre pour la Russie selon les dires du président de la fédération ukrainienne de football.

Une politique du double standard

Cette guerre russo-ukrainienne a dévoilé bel et bien l’injustice de la FIFA. L’organisation, qui revendique toujours l’interdiction de toute interférence des affaires politiques dans le sport, s’est trouvé dans l’embarras après avoir mis à l’écart la Russie de toutes compétitions internationales.

Sous prétexte des crimes contre l’humanité commises par le pays eurasien, les matchs de football, de tennis et même d’autres sports se jouent jusqu’à ce moment avec ni hymne entonné ni drapeau russe brandi.

Autrefois, les supporters du Celtic Glasgow ont été sanctionnés pour avoir hissé les drapeaux de Palestine sur les gradins. De surcroît, Perviy et VGTRK, deux chaînes russes, ont acheté dernièrement les droits de rediffusion du mondial pour 39 millions de dollars.

Il s’avère que ce monde de sport est désormais marqué de plus en plus par un double standard et une hypocrisie grandissante. La FIFA ne veut plus de la Russie car elle viole les droits de l’homme mais veut son argent.

Valeurs sportifs en péril, mais…

Présentement, on constate la domination d’une vague grandissante de cynisme sur le paysage sportif qui vise à vider le sport de ses valeurs.

Cependant, le sport incarne, incontestablement, autant de splendeur et de somptuosité que d’hideur et de monstruosité. Il est tout à la fois un levier dans les relations internationales, une source d’épanouissement pour les économies, un vecteur de consensus interculturel entre les peuples, un moteur d’euphorie collective et toute une culture qui véhicule les plus nobles des valeurs. 

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Ashref Dkhili
Ashref Dkhili

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